Bien loin des tendance du marché, seulement 8 % des Européens sont prêts à choisir une voiture électrique selon cette étude !


Alors que l’Europe s’interroge sur le rythme de sa transition automobile, une nouvelle enquête vient alimenter le débat. Dans cinq grands marchés européens, seuls 8 % des adultes interrogés citent la voiture 100 % électrique parmi leurs choix pour une prochaine voiture. Recharge, prix d’achat et coût de l’énergie nourrissent les réticences. Mais ce chiffre spectaculaire mérite toutefois d’être un peu nuancé avant d’en tirer des conclusions sur le marché automobile.

Voiture électrique : seuls 8 % des Européens interrogés l’envisagent pour leur prochain achat, freinés par les prix, les bornes et l’énergie. © David Lefevre

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  • Intention d’achat électrique : Seuls 8 % des adultes sondés dans cinq grands marchés européens privilégient le véhicule 100 % électrique pour leur prochaine acquisition automobile.
  • Freins à la transition : Le coût d’acquisition élevé et l’insuffisance du réseau de recharge représentent les deux obstacles principaux identifiés par 46 % des répondants.
  • Préférence réglementaire technologique : Une majorité de citoyens favorise les incitations vers des technologies moins émettrices plutôt qu’une interdiction stricte de certaines motorisations par l’Union européenne.

À quelques mois du réexamen des normes européennes de CO2 applicables aux voitures et utilitaires, le résultat tombe à point nommé pour les acteurs de l’industrie qui défendent une transition moins exclusivement centrée sur la batterie. Mais un sondage sur les intentions générales ne mesure ni les commandes en concession ni les arbitrages réels d’un acheteur face à un prix, une aide ou une mensualité de leasing. En tout cas la question du rythme imposé par Bruxelles pour accélérer la transition est de nouveau mis en cause.

8 % pour l’électrique : un chiffre spectaculaire à manier avec précaution

L’étude a été réalisée par YouGov à la demande de CLEPA, l’association européenne des équipementiers automobiles. Entre le 7 et le 16 juillet 2026, 5 221 adultes ont été interrogés en ligne en France, en Allemagne, en Espagne, en Italie et en Pologne : 1 067 Français, 1 009 Allemands, 1 063 Espagnols, 1 028 Italiens et 1 054 Polonais. Selon CLEPA, ces cinq pays pèsent ensemble plus de 70 % du marché automobile de l’Union européenne.

En moyenne, 47% des personnes interrogées souhaitent que l’Union européenne favorise les véhicules propres par des aides et des incitations, plutôt que par l’interdiction de certaines motorisations. © tesla

Le résultat qui risque de retenir toute l’attention concerne le prochain achat automobile. En moyenne, seulement 8 % des sondés envisagent une voiture 100% électrique. Les hybrides obtiennent de meilleures intentions dans presque tous les pays étudiés. L’Allemagne fait figure d’exception : 14 % des personnes interrogées y mentionnent l’électrique, légèrement devant l’hybride, à 13 %. Autrement dit, même parmi cinq grandes économies européennes, le rapport à l’électrification demeure loin d’être uniforme.

Il serait cependant trompeur de traduire ces 8 % en une prévision de part de marché. L’échantillon couvre l’ensemble des adultes, et non les seuls automobilistes ayant réellement l’intention d’acheter prochainement une voiture. Des personnes sans permis, sans véhicule ou sans projet d’acquisition peuvent donc entrer dans les résultats. Les participants pouvaient en outre retenir deux types de motorisation. Enfin, les immatriculations européennes comprennent les achats des entreprises et des flottes professionnelles, qui ne sont pas directement reflétés par une enquête mesurant les préférences individuelles. L’intérêt de ce sondage est donc qu’il renseigne plus sur l’état d’esprit de la population que sur les ventes futures.

Une enquête YouGov commandée par l’association d’équipementiers CLEPA affirme que seuls 8% des adultes interrogés en France, Allemagne, Italie, Espagne et Pologne choisiraient une voiture électrique pour leur prochain achat. © IA

Prix et bornes : les Européens doutent surtout des conditions de la transition

Un autre enseignement est tout autant révélateur. Quelque 68 % des personnes interrogées estiment ne pas être personnellement prêtes pour une électrification complète, tandis que 75 % considèrent que leur propre pays ne l’est pas davantage. Ce décalage montre que les réserves exprimées ne portent pas nécessairement sur le principe même de la voiture électrique : elles concernent aussi l’écosystème indispensable à son utilisation quotidienne.

Deux obstacles arrivent exactement au même niveau. Le prix des voitures est cité par 46 % des répondants, tout comme l’insuffisance perçue du réseau de recharge. Le coût de l’énergie suit à 37 %. Derrière le débat technologique apparaissent ainsi des préoccupations très concrètes : pouvoir financer la voiture, disposer d’une borne lorsque cela devient nécessaire et conserver un coût d’usage prévisible.

Les réponses concernant la réglementation prolongent cette prudence. En moyenne, 47 % des sondés préféreraient que les pouvoirs publics encouragent les technologies automobiles moins émettrices plutôt que d’en interdire certaines. À l’opposé, seulement 17 % se disent favorables à une interdiction technologique, tandis que 22 % considèrent que l’Union européenne ne devrait tout simplement pas intervenir sur ce marché. Clairement donc les sondés semblent accepter l’objectif de voitures moins émettrices de CO2, mais demandent que l’accès se fasse par le prix, les infrastructures et des alternatives technologiques, plutôt que par une contrainte réglementaire.

Les trois principaux freins cités sont cohérents d’un pays à l’autre. Le manque d’infrastructures de recharge et le prix des voitures électriques recueillent chacun 46% des réponses. Le coût de l’énergie arrive ensuite, avec 37%. © IA

Un sondage qui arrive en plein bras de fer sur l’avenir de l’automobile européenne

La publication intervient à un moment particulièrement sensible, alors que les normes européennes de CO2 concernant voitures particulières et utilitaires doivent être réexaminées. CLEPA entend précisément peser dans cette discussion. L’organisation représente plus de 3 000 entreprises de la filière des équipements automobiles, un secteur auquel elle attribue 1,7 million d’emplois directs dans l’Union européenne et plus de 30 milliards d’euros d’investissements annuels en recherche et développement.

Les chiffres du sondage sont donc à prendre avec précaution, CLEPA défend ouvertement une approche dite multitechnologique, laissant davantage de place aux hybrides et aux carburants alternatifs aux côtés des voitures 100% électriques. Elle a commandé l’enquête et en propose naturellement une lecture conforme à cette position. Mais cela n’invalide pas du tout les réponses recueillies par YouGov, elles sont réelles et leur lecture demande ainsi de bien distinguer les données brutes de l’interprétation à en faire.

Surtout, l’étude montre quelque chose de plus intéressant qu’un éventuel rejet de l’électrique. Elle met l’accent sur une population encore hésitante face à une transformation qui touche simultanément le prix des voitures, les habitudes de déplacement, l’accès à la recharge et la facture énergétique.


David Lefevre


Journaliste automobile

Plus paillote que pilote, c’est d’un mélange d’information et d’huile 2 temps que je me nourris pour partager au quotidien ma passion des 2 et 4 roues. Fan de technos et de tout ce qui roule, je regarde devant sans faire table rase du passé.

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