Même si on entend beaucoup moins parler ces derniers temps, l’affaire Takata est loin d’être terminée. Des dizaines de milliers de voitures attendent encore le remplacement d’un ou plusieurs airbags défectueux en France, y compris sur des territoires où le risque d’explosion incontrôlée est plus important. De plus, certaines technologies utilisées par l’ancien équipementier japonais sont moins connues que d’autres. L’Etat a donc publié un arrêté avec de nouvelles mesures afin d’améliorer l’efficacité des rappels.
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- Nouveau cadre législatif des rappels : Un arrêté gouvernemental impose aux constructeurs des contrôles stricts pour évaluer la dangerosité des anciens airbags NADI qui équipent les véhicules produits avant septembre 1999.
- Extension de la surveillance étatique : L’État intensifie le suivi dans les territoires d’outre-mer et la Corse en raison des risques climatiques, tout en plaçant de nouveaux constructeurs comme Porsche sous vigilance.
Vieille de plus de dix ans, l’affaire Takata n’a véritablement éclaté dans l’Hexagone qu’en 2024 avec le rappel de plusieurs dizaines de milliers de Citroën C3 et DS3. Les choses se sont accélérées en 2025, quand l’Etat a mis en place toute une série de mesures, puis en janvier 2026, avec une modification du contrôle technique. Mais aujourd’hui, le Gouvernement fait encore évoluer la législation dans un arrêté en date du 15 juin 2026 et publié au Journal officiel le 20 juin. Il cherche ainsi à mieux encadrer les innombrables campagnes de rappel que les constructeurs automobiles ont dû lancer, parfois sous la contrainte, pour tenter d’en finir avec ce scandale industriel majeur.
Un texte surtout destiné aux véhicules les plus anciens
Les principaux changements se destinent aux véhicules les plus anciens, produits avant septembre 1999. Ils n’utilisaient pas encore le nitrate d’ammonium, ce composé chimique qu’on retrouve dans les airbags plus récents et qui est aussi à l’origine de l’explosion de l’usine AZF, près de Toulouse, en 2001. Dans ces voitures de la fin des années 1990, Takata employait un gaz non azoté, le NADI 5-AT, afin de gonfler le coussin de sécurité de manière quasi-instantanée en cas d’accident.
Ces modèles ne font pas forcément l’objet d’un rappel de type « stop drive », accompagné d’un courrier demandant l’immobilisation immédiate du véhicule, avec une possibilité de contre-visite en cas de passage au contrôle technique. Ils permettent donc souvent aux propriétaires concernés de continuer à rouler. Mais les constructeurs devront désormais prendre de nouvelles mesures pour permettre notamment d’améliorer le niveau de connaissance de ces coussins gonflables à la technologie désormais ancienne. L’Etat est en effet beaucoup mieux informé sur leurs successeurs au nitrate d’ammonium.
Une vigilance renforcée pour certains airbags
Avant le 31 août prochains, les marques qui utilisent ces airbags NADI devront fournir au service de surveillance du marché des véhicules à moteur (SSMVM) un « plan de surveillance de l’état des airbags remplacés ». Le document transmis aux autorités devra ainsi comporter la recherche de fuites sur le gonfleur, un essai en enceinte fermée avec mesure de la pression de combustion pour une partie des gonfleurs et diverses autres analyses. Des échantillons d’airbags remplacés doivent également être fournis en vue de la réalisation d’essais indépendants.
Le but est de mieux contrôler la dangerosité de ces coussins gonflables parfois âgés d’une trentaine d’années . D’après l’arrêté, la mise en œuvre de ce plan fait l’objet de rapports semestriels, dont le premier est transmis au SSMVM avant le 28 février 2027. Une fois ces rapports reçus, cet organisme pourra se prononcer sur la nécessité de modifier le périmètre des véhicules visés par un « stop drive ». Les consignes de rappel pourraient donc se durcir à l’avenir pour certains véhicules. Les dispositions de cet arrêté sont applicables jusqu’au 31 juillet 2030.
Un nouveau constructeur placé sous surveillance
D’autres modifications ont une portée plus large. Le contenu du rapport qui doit être transmis chaque semaine au SSMVM dans certains territoires d’outre-mer et en Corse est revu à la hausse. Il est vrai que ces zones sont celles qui ont payé le plus lourd tribut dans le cadre de cette interminable affaire. Leur climat plus chaud et plus humide est le plus propice aux explosions incontrôlées des airbags défectueux.
Mais on trouve aussi un petit changement dans la liste des constructeurs concernés, avec l’ajout de Porsche. La firme allemande figure pourtant toujours sur la liste des marques qui ne sont pas touchées par ce scandale Takata. Mais d’après le ministère de la transition écologique, elle a été incluse dans cet arrêté car elle a vendu des modèles « équipés d’airbags avec dessicant [i.e. un produit avec des propriétés desséchantes] qui doivent être placés sous surveillance. » Un rappel pourrait ensuite être demandé par le Gouvernement si cette surveillance venait à le juger nécessaire.
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