Philippe Juvin, rapporteur LR du budget à l’Assemblée nationale, a envoyé une lettre aux candidats à la présidentielle ce mercredi. Il les appelle à la clarté et leur demande de préciser leurs priorités économiques pour les débats à venir.
Le rapporteur du budget appelle à avoir des orientations précises. Dans une lettre adressée à la trentaine de candidats à l’élection présidentielle, Philippe Juvin leur demande d’expliciter leurs opinions et les solutions proposées pour redresser les finances publiques.
« Cette démarche est au service d’une seule cause, la clarté du débat démocratique, assure-t-il dans un document consulté par l’AFP. Je demande aux candidats d’exprimer clairement leurs intentions. Ensuite, ce sera aux Français de distribuer les bons et les mauvais points. »
Il y demande notamment de statuer sur cinq questions « déterminantes ». Par ordre de priorité, il demande à tous les candidats – anonymes comme poids lourds – leurs prévisions sur la dette et le déficit public, quelles réformes structurelles ils comptent mener et avec quelle stratégie fiscale. Viennent ensuite la question sur les priorités budgétaires, puis une autre sur les « instruments de gouvernance budgétaire » pour « garantir le respect de la trajectoire annoncée et renforcer la transparence ».
Un esprit « républicain et impartial »
Les réponses seront transmises aux membres de la commission des Finances pour alimenter le débat présidentiel, explique-t-il. Le député se réclame d’un esprit « républicain et impartial » dans cette démarche, visant à contribuer à « la clarté du débat démocratique ». Pour lui, « dire la vérité aux Français sur l’état de nos comptes et sur les marges de manoeuvre réellement disponibles, c’est les respecter ».
Dans la missive, le rapporteur rappelle les constats alarmants récemment établis sur l’état financier de la France. D’une part par la Cour des comptes, qui a estimé en juin que la dette publique devrait atteindre 119% du PIB cette année et que la charge des intérêts de cette dette, proche de 78 milliards d’euros, pourrait franchir le seuil des 100 milliards avant la fin de la décennie.
Le rapport de la mission sur la transparence des finances publiques, publié en juillet, établit pour sa part qu’à politique inchangée, le déficit public atteindrait 5,9% du PIB l’an prochain, au lieu de 5,1% l’an dernier et de 5% espérés cette année, puis 6,8% en 2030, tandis que la dette publique dépasserait 130% du PIB au même moment.