Le syndicat du personnel navigant de l’aéronautique civile, qui représente également des pilotes de la Sécurité civile engagés cet été contre les feux de forêt, a dénoncé la faiblesse des moyens aériens et le « recul de l’État » dans la lutte face aux incendies.
Au terme d’une saison estivale marquée par plusieurs mégafeux en France, « le nombre d’avions disponibles n’a pas été à la hauteur des enjeux », a déploré dans un communiqué publié lundi 24 août le Syndicat national du personnel navigant de l’aéronautique civile (SNPNAC), qui dispose de représentants chez les pilotes d’hélicoptères et de bombardiers d’eau de la Sécurité civile.
« Par manque d’avions, les attaques massives rapides ne peuvent plus être menées, nous sommes contraints d’intervenir par petits groupes. Cette stratégie subie ne permet plus d’arrêter rapidement les départs de feu », relève le SNPNAC dans sa missive relayée par des syndicats de sapeurs-pompiers.
Le SNPNAC dénonce également un « décalage entre les discours politiques et la réalité devenu inacceptable ». Il a notamment pris l’exemple des moyens aériens déployés en Gironde, au cœur de l’été, présentés « comme massifs » alors que « seul un Dash et deux Canadair » étaient initialement engagés sur ce mégafeu qui a parcouru 42 000 ha.
« Cela revient à mettre en avant des moyens loués à un coût exorbitant pour masquer les difficultés de mise à disposition de notre flotte nationale. Nous assistons donc au recul de l’État dans une mission de service public », selon l’organisation.
Sollicitée, la Sécurité civile, qui dépend du ministère de l’Intérieur, n’a pas répondu.
Le 17 août, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez affirmait en Gironde que « ces moyens aériens sont suffisants ». « La flotte aérienne a été multipliée par deux depuis 2022 », avait-il déclaré. Les pilotes, assure de son côté le SNPNAC, attendent la mise à disposition de la « totalité » de la flotte aérienne le 15 juin 2027.