Dans La Tribune Dimanche de ce 9 août, Bruno Retailleau défend une écologie fondée sur l’adaptation, l’investissement et la technologie. Le candidat à la présidentielle entend ainsi préparer la France aux effets du dérèglement climatique plutôt qu’imposer une écologie qu’il qualifie de « punitive ».
Bruno Retailleau, président des Républicains et candidat à l’élection présidentielle, a délivré sa vision de la transition écologique dans les colonnes de La Tribune Dimanche ce 9 août.
Face à une écologie qu’il considère « punitive » et « radicale », le sénateur vendéen prône une « écologie de l’adaptation ».
« À cette écologie de la régression, qui interdit tout, et appauvrit chacun, nous devons opposer l’écologie de l’adaptation », plaide-t-il.
Cette approche doit reposer, selon lui, sur l’investissement, l’innovation technologique et le renforcement des capacités de production.
Supprimer le principe de précaution
Pour l’ancien ministre de l’Intérieur, plusieurs leviers sont mobilisables: le stockage de l’eau, le recours au nucléaire et à la géothermie, un meilleur équipement des établissements recevant du public, la modification voire suppression de normes, ou encore la suppression du principe de précaution, pourtant consacré par le préambule de la Constitution française.
Allant plus loin, il met en cause l’utilisation actuelle des financements climatiques.
« De 2017 à 2023, notre pays a consacré 580 milliards d’euros à la transition. Alors, où va l’argent? Il finance l’Ademe (…). Il isole les logements pour l’hiver en s’interdisant de penser à l’été, si bien que 40% de ceux classés A ou B sont des bouilloires thermiques. Il subventionne des éoliennes quand l’électricité se brade à prix négatifs », accuse-t-il.
Des affirmations toutefois à nuancer: les 580 milliards d’euros incluent des investissements publics et privés, environ 31% seulement des logements A ou B, loin d’être des « bouilloires thermiques », présentent un indicateur de confort d’été « insuffisant », et le soutien à l’éolien peut aussi rapporter à l’État lorsque les prix de l’électricité sont élevés, comme ce fut le cas lors de la crise énergétique de 2021-2023.
Derrière ses propositions, Bruno Retailleau défend une écologie fondée sur la technologie et l’action humaine. Il l’oppose à une politique reposant sur les restrictions et la baisse de la consommation.
« L’écologie radicale se trompe: l’homme n’est pas seulement le problème, il est la solution. Car au sein du vivant, nous sommes la seule espèce capable de préserver toutes les autres, ou bien de les détruire toutes », conclut-il.
Avec cette tribune, Bruno Retailleau précise ainsi l’un des axes de son projet présidentiel: faire de l’adaptation au dérèglement climatique une alternative politique à l’écologie qu’il qualifie de punitive, sans pour autant mentionner de mesures d’atténuation, l’autre versant de l’adaptation.