Au cœur d’une vaste affaire de viols avec tortures, le site de libertinage Wyylde fait désormais l’objet d’une enquête préliminaire du parquet de Paris



Le site de rencontre spécialisé dans le libertinage Wyylde fait l’objet d’une enquête préliminaire du parquet de Paris, révèle le site Politico. La plateforme est liée à une vaste affaire de viols avec tortures et acte de barbarie dévoilée par Le Monde.

Wyylde dans le viseur de la justice. Le 17 juillet, Le Monde dévoilait une vaste affaire de viols impliquant 19 hommes soupçonnés de crimes sexuels avec torture et acte de barbarie. Une enquête en quatre épisodes au sein du milieu du libertinage et ayant pour point commun Wyylde, une plateforme dédiée à cette pratique. Aujourd’hui, le service fait l’objet d’une enquête préliminaire par le parquet de Paris, a appris BFM Tech, confirmant une information de Politico.

Ouverte mercredi 22 juillet 2026, et confiée à la section de recherches de Paris, l’enquête doit déterminer si Wyylde répond à l’ensemble de ses obligations et si elle n’a pas fait preuve de complicité.

19 hommes mis en relation grâce à Wyylde

Elle porte sur plusieurs chefs d’accusation: « fourniture d’une plateforme en ligne pour permettre une transaction illicite en bande organisée », « complicité de diffusion de l’enregistrement d’images relatives à la commission d’une atteinte volontaire à l’intégrité de la personne », « abstention volontaire d’empêcher un crime ou un délit contre l’intégrité d’une personne » et « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit puni de dix ans d’emprisonnement ».

Wyylde, qui n’a pas répondu à nos sollicitations tout comme à celles de nos confrères, est donc au cœur d’une affaire dit des viols « libertins ». Dévoilée et relatée par Le Monde, elle montre comment dix-neuf hommes ont été mis en examen pour des faits de viols avec tortures et actes de barbarie pendant plusieurs années.

Le dénominateur commun, un certain « Christophe B. », aurait utilisé le site de rencontre pour trouver des hommes prêts à avoir des relations sexuelles avec ses différentes compagnes.

Celles-ci, dans un état mental dégradé, auraient subi des viols à répétition, avec violence, tout en étant filmées. Ces vidéos, diffusées en direct sur Wyylde, étaient visibles par les utilisateurs du site.

« Nous avons découvert l’enquête publiée par Le Monde avec effroi. Les faits relatés sont extrêmement graves. Nos pensées vont avant tout aux victimes. La plateforme Wyylde, créée il y a plus de 20 ans, ne tolère aucun contenu illicite », écrit l’équipe de Wyylde dans un communiqué transmis à BFM Tech.

« Dans cette affaire comme dans toutes les procédures, nous avons coopéré avec les enquêteurs en transmettant les informations dont nous disposions. Chaque jour, nos équipes de modération travaillent pour détecter et supprimer les contenus contraires à la loi. Tout contenu illicite porté à notre connaissance est retiré immédiatement et signalé aux autorités », poursuivent-ils, ajoutant que « le consentement est le fondement même de notre communauté. Lorsqu’il disparaît, il ne s’agit plus de liberté sexuelle, il s’agit de violence que nous condamnons totalement ».

Le précédent Coco.gg

Avec sept millions d’inscrits et 700.000 visiteurs quotidiens, Wyylde est l’une des principales plateformes dédiées au libertinage en France, mais elle est aussi présente en Allemagne, en Italie, au Portugal et en Espagne.

Elle est toutefois opérée depuis l’Hexagone, à Levallois-Perret (région parisienne) par l’entreprise Koala Interactive.

Son modèle économique est freemium: une partie est gratuite, mais pour accéder à la messagerie, au chat, aux partages de photos ou aux diffusions en direct, il est nécessaire de posséder un abonnement payant. Sur son site web, Wyylde déclare proposer un univers où « on pense que le sexe est un territoire où exprimer sa vraie nature ». Un monde au sein duquel l’utilisateur est « libre de rencontrer une communauté bienveillante ».

L’affaire, relatée par Le Monde, montre néanmoins que la plateforme a permis des mises en relation et des abus glaçants, ce qui rappelle les viols « de Mazan », où le site coco.gg, fermé depuis par la justice, avait permis à Dominique Pélicot de prendre contact avec d’autres hommes dans le but d’abuser de sa femme, Gisèle Pélicot, pendant son sommeil.

Le fondateur de Coco.gg avait été inculpé en janvier 2025, six mois après la fermeture de ce forum sans aucune modération et sans inscription. La justice pourrait chercher désormais à savoir si Wyylde n’a pas été complice dans cette nouvelle affaire.



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