Près de 9 commerces sur dix enfreignent la loi en vendant de l’alcool aux mineurs, une campagne lancée ce mardi



Alors que près de neuf commerces sur dix enfreignent la loi en vendant de l’alcool aux mineurs, la Fédération de l’épicerie et du commerce de proximité (FECP) a lancé ce mardi une campagne nationale afin de rappeler aux commerçants comme aux consommateurs l’interdiction de vendre de l’alcool aux moins de 18 ans.

Une loi qui doit être réaffirmée. La Fédération de l’épicerie et du commerce de proximité (FECP) a annoncé, ce mardi 21 juillet, le lancement d’une campagne dans 5.000 magasins afin de «renforcer le respect de l’interdiction de la vente d’alcool aux mineurs» et d’accompagner les professionnels. Une initiative qui intervient alors que, selon des tests réalisés en 2025 par l’association Addictions France à Nantes, Angers et Rennes, près de neuf commerces sur dix vendent de l’alcool à des mineurs en violation de la loi.

Face à ce constat préoccupant, la campagne portée par les enseignes adhérentes de la FECP, dont Carrefour Proximité, Casino, Franprix, U Proximité France et Francap (Coccinelle, G20…), répond «à une demande forte» du terrain, explique à l’AFP la déléguée générale de la fédération, Virginie Grimault.

Cette nouvelle campagne, qui survient dix ans après une précédente, «plus institutionnelle» dans une période estivale «propice» à la consommation d’alcool, vise notamment à «dédramatiser» auprès du grand public «l’exigence de la pièce d’identité», ajoute-t-elle. 

Des outils pour accompagner les commerçants

Pour sensibiliser le grand public, la campagne s’appuie sur des autocollants affichant le slogan «-18, ça passe pas» dans les rayons concernés et en caisse, ainsi que sur des affiches mettant en scène des situations fréquemment rencontrées par les vendeurs. Une adolescente déclarant, carte d’identité à la main, qu’elle sera majeure «dans deux jours», ou des garçons prétextant acheter de l’alcool «pour cuisiner» ou pour leurs parents, figurent parmi les exemples utilisés.

Au-delà de la communication, la FECP entend également soutenir les salariés alors que l’application de la loi, «pourtant simple en apparence, peut donner lieu à des situations délicates», selon Benoît Soury, président de la fédération, cité dans un dossier de presse. «Notre responsabilité est d’aider les équipes à appliquer sereinement une règle essentielle de protection des mineurs», souligne-t-il.

Un livret pédagogique a ainsi été conçu afin d’apporter des «réponses concrètes» aux situations les plus courantes, comme la contestation d’un refus de vente, les achats réalisés pour le compte d’un mineur ou encore les comportements à adopter en cas de conflit. L’initiative est «complétée par les formations existantes, intégralement prises en charge par la branche professionnelle», ainsi que du site internet dédié capassepas.fr, poursuit la fédération.

 Par ailleurs, cette campagne intervient alors qu’en septembre dernier, Lidl avait été définitivement condamné pour avoir vendu de la vodka à un adolescent de 16 ans, décédé en 2021 dans un accident de scooter. La Cour de cassation avait rejeté le pourvoi du distributeur, sanctionné en appel en juillet 2024 d’une amende de 5.000 euros.



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