Qui de Volkswagen, BMW ou Mercedes ouvrira le premier ses portes à une marque chinoise pour fabriquer de telles autos en Allemagne ? Impensable il y a 5 ans, cette idée prend forme. Le chancelier allemand en personne s’est exprimé sur le sujet, alors que des dizaines de milliers d’emplois seront supprimés dans les années à venir, notamment dans les rangs du groupe Volkswagen. Laisser le loup entrer dans la bergerie, ou prendre le risque de perdre totalement les usines ?
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Un jour ou l’autre, un constructeur allemand pourrait ouvrir la boîte de Pandore. Celle qui consiste à accueillir un constructeur chinois dans ses propres usines pour y fabriquer des voitures à destination des Européens. Eux qui ont déjà dit non plusieurs fois aux autos américaines (Chevrolet, Chrysler, Dodge…), et qui ont simplement accordé un laisser passer à Toyota et aux Coréens sous couvert d’une réputation de fiabilité pour le premier et d’offres commerciales (garanties, diversité des motorisations…) chez les seconds. Mais les Européens sont par nature conservateurs et aiment leurs propres marques, qui sont malgré tout en grande difficulté pour certaines. Chez Volkswagen, il n’est pas exclu d’un jour voir venir des Chinois en Allemagne. Le vers est-il déjà dans le fruit ?
Les Chinois veulent les usines européennes

Car ne nous y trompons pas, l’Europe n’est pas seulement un objectif d’expansion pour les Chinois : c’est aussi une question de survie pour certains. Car le marché chinois est dans une situation particulièrement compliquée cette année. Chute des ventes et des bénéfices, concurrence massive, la coupe est pleine. BYD fait d’ailleurs partie des groupes automobiles qui perdent le plus en ce moment en Chine. Alors forcément, tous les yeux sont rivés sur l’Europe et ces usines qui tournent à moitié à vide, faute d’une demande réduite d’un quart depuis la sortie du Covid.
Des usines prêtes à accueillir des voitures chinoises ? C’est déjà le cas de Stellantis qui n’a pas attendu pour tendre la main à Dongfeng, son partenaire en extrême orient. Mais ce n’est probablement que le début d’une nouvelle ère. La rumeur annonce que Volvo pourrait également ouvrir les portes de son usine de Gand à un constructeur chinois, et quid de Volkswagen qui prévoit de réduire le nombre de ses usines ? Plutôt que de détruire de l’emploi, autant le sauver grâce aux Chinois. Un moindre mal, et un avantage pour les Chinois qui souhaitent produire en Europe sans avoir au départ à construire un coûteux site de production en nom propre.
L’Allemagne n’est pas contre les Chinois, mais en dernier recours
Le chancelier allemand Friedrich Merz a été interrogé sur le sujet en marge d’une conférence à Berlin, et il ne s’est pas montré fermé à cette idée : « J’y vois une solution de dernier recours, et non une réponse aux problèmes structurels ». Selon lui, ce genre de décision n’appartient qu’aux entreprises, ce qui laisserait entendre que le pouvoir exécutif allemand ne se mêlerait pas de Chinois qui produiraient dans les usines des constructeurs nationaux. Un signal évidemment fort pour Volkswagen qui serait tenté de jouer cette carte en cas d’impossibilité de sauver toutes ses usines. On le sait, 4 d’entre elles seraient menacées dont celles de Neckarsulm pour Audi. Car Volkswagen étudierait en effet la possibilité de produire des modèles chinois développés avec Xpeng dans ses propres usines allemandes. Une sorte de tour de passe-passe dans un premier temps qui permettrait à Volkswagen de produire en Allemagne des modèles adaptés au marché chinois plutôt que de vraies allemandes qui sont en difficulté dans ce marché si tendu qu’est la Chine.
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