Neymar va faire ses débuts dans cette Coupe du monde face à l’Écosse, ce mercredi soir, à minuit. Le retour de la star brésilienne sera scruté de près et suscite forcément de nombreuses interrogations.
Il est de retour. Neymar va faire ses débuts dans ce Mondial 2026 face à l’Écosse, ce mercredi soir, à minuit. Un retour après avoir subi il y a un mois une blessure au mollet droit avec son club de Santos. Dans une Coupe du monde où toutes les stars répondent présent jusqu’ici, les regards se tournent vers celle qui n’a pas encore foulé la pelouse dans ce Mondial. Neymar est une énigme. Dans quelle forme arrive-t-il ? Est-il encore capable d’aider la Seleçao ? Carlo Ancelotti a-t-il eu raison de le sélectionner ? Plusieurs questions accompagnent ce retour attendu par l’ensemble de la planète football, et tout un peuple.
Un retour en sélection après 2 ans et demi
La légende brésilienne n’a jamais laissé ceux qu’ils le suivent indifférents. À 34 ans, trois ans après son départ du Paris Saint-Germain, Neymar n’est plus le même joueur qu’autrefois. Rentré chez lui à Santos au Brésil en janvier 2025, après un passage désastreux en Arabie saoudite, le meilleur buteur et passeur de l’histoire de la Seleçao (79 et 58 unités) a connu une série de blessures depuis sa dernière apparition avec son pays. Neymar n’a plus joué sous les couleurs du Brésil depuis le 18 octobre 2023, face à l’Uruguay, lors d’un match de qualification pour ce Mondial 2026. Il avait alors subi une grave blessure au genou, l’écartant des terrains pendant un an. Sa convocation dans la liste de Carlo Ancelotti, le 18 mai dernier, était un soulagement presque inattendu.
Attendu par tout un peuple brésilien en habituelle fusion, Neymar dispute très probablement sa dernière Coupe du monde, la quatrième de sa carrière. Sa condition physique, toujours incertaine, interroge, mais son équipe se montre rassurante. «À l’entraînement, on voit qu’il est clairement à un niveau très élevé. En ce moment, on peut voir toute sa qualité, c’est indescriptible. Tout le monde connaît son talent. Mais voir l’intensité avec laquelle il est revenu, cela démontre qu’il a vraiment envie», a déclaré l’attaquant Gabriel Martinelli, interrogé sur son compatriote. «Neymar est apte à jouer, il s’entraîne très bien et il est prêt. Je suis très satisfait de lui», s’est réjoui son sélectionneur, Carlo Ancelotti, en conférence de presse, mardi 23 juin. Neymar ne devrait pas débuter face à l’Écosse, mais pourrait jouer une trentaine de minutes en fin de match.
Un atout ou un poids pour la Seleçao ?
Quel sera le rôle de Neymar avec le Brésil, sur et en dehors du terrain ? Le statut de la star brésilienne dans cette équipe interroge. Tout comme sa condition physique. Comme tout au long de sa carrière, du centre de formation de Santos à Paris en passant par Barcelone, le numéro 10 fait face aux critiques à l’aube de son retour. «Neymar, c’est le premier joueur au monde appelé pour faire du télétravail», s’est amusé le président brésilien Lula après l’annonce de son forfait contre Haïti.
Selon les dernières informations des médias locaux, la tendance est que Neymar joue comme un faux 9, comme en club, pour ne pas avoir autant d’obligations défensives que ses partenaires sur les ailes. Sa position en numéro 10, en chef d’orchestre, peut être un atout dans une attaque qui se cherche encore. Malgré un bilan plutôt positif (1 victoire, 1 nul) et quatre buts inscrits, Ancelotti ne semble pas encore avoir trouvé son trio offensif dans ce Mondial 2026. Si les titularisations de Vinicius et Raphinha semblent indiscutables, leur positionnement peut évoluer et le poste d’attaquant de pointe est incertain. C’est justement dans cette position qu’a dernièrement évolué Neymar en club, à Santos.
Le technicien italien a donc une option supplémentaire, même s’il doit composer ce mercredi sans Raphinha, blessé lors de la victoire contre Haïti (3-0), vendredi dernier. Outre ses qualités évidentes, qu’a tenues à rappeler Ancelotti devant les journalistes, Neymar a également un rôle à jouer dans le vestiaire. Avec ses 128 sélections depuis 2010, il est le joueur le plus expérimenté du groupe. «Il apporte beaucoup. Même s’il ne joue pas, il apporte son expérience, sa compréhension du jeu, il aide les jeunes, il fait un très bon travail», a assuré Ancelotti ce mardi.
La pression du pays
Malgré ses blessures à répétition, qui l’ont écarté pendant 2 ans et demi de la sélection, «Ney» connaît bien ses coéquipiers. Et inversement. Par sa simple présence, l’enfant du pays apporte un lot de pression et d’attentes parfois démesurées allant de Rio de Janeiro à São Paulo. Mais la Seleçao y est habituée, cela fait 16 ans que ça dure, depuis les débuts du prodige de Santos. Aucun observateur ne voit le Brésil remporter cette Coupe du monde, pour cause, les Auriverdes n’ont plus atteint des demi-finales depuis 2014 et l’humiliation inoubliable subie, à la maison, par l’Allemagne, futur vainqueur (7-1). Depuis les premiers pas de Neymar en sélection, l’histoire s’est presque uniquement écrite avec lui. Ce Mondial 2026 n’est pas une exception, mais reste à savoir l’état de forme de la star brésilienne.
Sera-t-il à la hauteur des attentes ? Au mieux, Neymar sera un joker de luxe, fera se lever les foules avec sa magie et sera décisif pour sa sélection. Au pire, il restera sur le banc, trop diminué, cherchant un moyen d’aider ses coéquipiers. Son Mondial commence ce mercredi soir, à minuit, au Hard Rock Stadium de Miami, théâtre annuel de l’un de ses plus vieux amis… un certain Lionel Messi. Il intègre une équipe solide mais toujours en quête d’un jeu plus léché. Le Brésil, qui vise le titre, est en tête du groupe C avec quatre points, devant le Maroc à la différence de buts. La Seleçao entrevoit la qualification et sortira en tête de son groupe en cas de victoire face à l’Écosse et d’un mauvais résultat du Maroc face à Haïti.