SoftBank annonce un investissement record de 75 milliards d’euros lié à l’IA en amont de «Choose France»



Le géant japonais des investissements dans les technologies SoftBank va investir une somme record de 75 milliards d’euros en France « dans les infrastructures liées à l’intelligence artificielle », a annoncé son président, Masayoshi Son, à La Tribune Dimanche. L’annonce intervient dans le cadre du sommet Choose France, qui s’ouvre lundi 1er juin 2026.

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« Ce sera l’investissement le plus important en Europe dans les infrastructures liées à l’intelligence artificielle : 75 milliards d’euros au total, dont 45 milliards d’ici à 2031, dans les Hauts-de-France », pour la construction de data centers, a indiqué Masayoshi Son dans un entretien publié samedi 30 mai par le journal La Tribune Dimanche.

Cette annonce spectaculaire intervient juste avant l’ouverture du neuvième sommet Choose France, lundi 1er juin au château de Versailles, où le président français Emmanuel Macron jouera le VRP [représentant de commerce, NDLR] du pays dans l’espoir d’y attirer un nouveau record d’investissements étrangers.

L’édition précédente avait battu en mai 2025 un record avec 20 milliards d’euros de projets annoncés.

Selon Masayoshi Son, la décision d’investir en France a été prise après sa rencontre avec le président français lors de la visite officielle de ce dernier à Tokyo en avril. « J’ai été très sensible au fait qu’Emmanuel Macron s’engage autant à titre personnel pour assurer le succès économique de la France, même si nos investissements se concentraient jusqu’ici majoritairement aux États-Unis, ainsi qu’au Japon et en Asie », a affirmé le dirigeant.

Selon lui, le premier argument qui plaide pour un tel investissement en France est « l’énergie » : « Le fait que le pays soit producteur et exportateur d’énergie est absolument décisif pour des investissements d’infrastructure dans l’intelligence artificielle. Surtout pour des data centers. »

Ambition de leader

Le géant français des équipements électriques et automatismes industriels Schneider Electric est partenaire de ce projet colossal. « C’est un partenariat important, un gros projet, le plus gros qu’il y a eu en France » dans ce secteur, a indiqué son directeur général, Olivier Blum. « Jusqu’à maintenant, il y avait à peu près 1,5 gigawatt installé à la fin 2025 en France au niveau des centres de données, et là, ce qui est annoncé, c’est qu’il y aura une première phase de 3 gigawatts puis une deuxième phase qui pourra aller jusqu’à 5. »

Selon lui, Schneider Electric « va aider au design, à la fourniture de tous les équipements », avec notamment la création d’une usine de modules préfabriqués de data centers sur le port de Dunkerque.

Ces derniers mois, la France martèle son ambition d’être un des leaders mondiaux du secteur de l’IA, un enjeu autant économique que politique pour Emmanuel Macron. Le sommet sur l’intelligence artificielle de Paris en février 2025 s’était traduit par 109 milliards d’investissements dans l’IA en France.

Il avait été l’occasion pour les grands acteurs de l’électricité en France, le géant du nucléaire EDF et le gestionnaire du réseau à haute tension RTE, de dévoiler des offres pour attirer les investisseurs dans l’Hexagone.

Tensions économiques mondiales et morosité en France

Le 9ème sommet Choose France s’ouvre lundi 1er juin dans un contexte économique international particulièrement tendu. Malgré la crise énergétique et la flambée des mesures protectionnistes, les autorités françaises comptent bien faire une nouvelle fois la preuve de l’attractivité du pays.

De son côté, l’Élysée martèle un chiffre : 95 % des quelque 230 projets annoncés depuis la première édition en 2017 se sont réalisés. En donnant rendez-vous au château de Versailles, Emmanuel Macron veut donner un écrin à ce qu’il estime être l’un des joyaux de sa présidence, même si le rôle de Choose France doit être relativisé selon Sylvain Bersinger, économiste et fondateur du cabinet Bersingeréco : « Le sommet Choose France est une très belle initiative pour inciter les investisseurs étrangers à venir en France. Mais ils viennent ou non en France en fonction du coût du travail, du contexte fiscal ou réglementaire, notamment. »

Le contexte a bien changé depuis 2017 avec la tentation protectionniste gagnant l’Europe. Cela n’est pas forcément un obstacle à l’investissement étranger. « Les investisseurs pourraient être tentés de venir plutôt en France ou en Europe pour éviter des droits de douane », selon l’économiste.

Pour autant, Sylvain Bersinger rappelle que l’investissement étranger n’est qu’une part minime du dynamisme économique. Or celui-ci est à la peine en France : « Il est tout aussi profitable que les entreprises françaises investissent en France, puisque les investisseurs étrangers vont rapatrier les profits chez eux ou vont plutôt faire appel à des sous-traitants de leur pays plutôt qu’à des sous-traitants français. Actuellement, l’investissement global des entreprises en France est plutôt morose. »

Les faillites d’entreprises ont d’ailleurs connu un niveau record en France depuis un an, avec notamment une forte hausse du côté des petites entreprises.

À lire aussiSommet «Choose France»: 20 milliards d’euros d’investissements nouveaux annoncés, selon l’Élysée



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