Ce mercredi 27 mai, la chambre d’instruction de la cour d’appel de Dijon doit examiner deux requêtes déposées par les avocats de Jacqueline Jacob afin d’annuler sa mise en examen dans l’enquête relative à l’assassinat du petit Grégory Villemin dans les Vosges, il y a 40 ans.
L’enquête prendra-t-elle une autre issue ? La chambre d’instruction de la cour d’appel de Dijon doit entamer, ce mercredi 27 mai, l’examen de deux requêtes déposées par les avocats de Jacqueline Jacob, mise en examen en octobre 2025 dans l’affaire Grégory et soupçonnée d’être le «corbeau» qui a revendiqué l’assassinat du petit garçon dans les Vosges il y a plus de 40 ans.
Comme l’avait confirmé le procureur général de la cour d’appel de Dijon Philippe Astruc à CNEWS, la première requête est en nullité de la mise en examen. Autrement dit, elle vise à annuler la mise en examen de Jacqueline Jacob pour «association de malfaiteurs» en vue de la préparation à l’enlèvement de Grégory.
La deuxième requête est, elle, en constatation de la «prescription de l’action publique». Lors d’une interview accordée à l’AFP, Me Frédéric Berna, un des avocats de Jacqueline Jacob, avait en effet estimé que l’enquête sur l’assassinat du petit Grégory était «pourrie» dès le départ, la jugeant aujourd’hui «totalement irrécupérable» et demandant son «arrêt».
«Mon grand-père tenait un laboratoire et on lui a apporté les échantillons d’eau des poumons (de Grégory) à analyser. Mais c’était beaucoup trop technique. Il a dit « Moi, je n’ai pas les capacités »», a affirmé à l’agence de presse Me Frédéric Berna, ajoutant que «les échantillons d’eau sont repartis et on ne les a jamais revus. Ils ont été perdus».
«Cette affaire n’est plus résolvable»
En quarante ans, les scellés ne sont quasiment plus utilisables. Mais l’affaire Grégory a connu, à travers les années, beaucoup de rebondissements et plusieurs éléments sont venus bousculer les investigations.
En mars 1985, Bernard Laroche, un des suspects, avait été assassiné. Au cours de cette même année, Christine Villemin, mère de Grégory, avait été inculpée et écrouée, avant de bénéficier d’un non-lieu en 1993. Puis, en 2017, le juge enquêteur de l’époque, Jean-Michel Lambert, s’était suicidé. Un an plus tard, soit en 2018, trois mises en examen avaient été annulées.
«Cette affaire n’est plus résolvable. Il faut l’arrêter», a déclaré Me Frédéric Berna, dénonçant de plus une «gabegie financière monstrueuse», avec des expertises à «plusieurs millions d’euros» qui n’ont «absolument rien apporté». Il a estimé que «la justice s’acharne en essayant de rattraper quarante ans d’errance».
Pour rappel, le petit Grégory avait été retrouvé noyé pieds et mains liés à l’âge de 4 ans le 16 octobre 1984 dans la Vologne, une rivière des Vosges. Selon une expertise, il y aurait cinq corbeaux dans cette affaire. Ceux-ci ont menacé pendant des années la famille du petit garçon. D’après les enquêteurs, c’est Jacqueline Jacob qui aurait revendiqué le meurtre de l’enfant. Une accusation que l’intéressée a «fermement contesté».